• Donner les moyens aux PME d’exploiter le potentiel africain

  • Business Magazine No. – 1256 – du Mercredi 12 Octobre 2016 au Mardi 18 Octobre 2016
    Exporter en Afrique
    Les PME ont une frayeur et une méconnaissance du marché africain

    Compte tenu de l’exiguïté du marché local, les PME ont tout à gagner à exporter leurs produits en Afrique.

    L’avenir des PME est en Afrique. Beas Cheekhooree, vice-président de la Mauritius Export Association (MEXA), en est convaincu. Selon lui, nos exportations seront dans un proche avenir tirées par les PME. Sunil Bholah, ministre des Affaires, des Entreprises et des Coopératives, est du même avis. Le continent africain représente une grande opportunité pour les petits et moyens entrepreneurs.

    «Le marché africain dispose d’un large bassin de consommateurs qui grandira à l’avenir. Les PME mauriciennes ont des atouts leur permettant d’exporter vers l’Afrique. Par exemple, nous possédons le savoir-faire, nous sommes bilingues et la connexion aérienne vers le continent africain s’est nettement améliorée», argue-t-il.

    Avec une population de plus de 900 millions d’âmes, l’Afrique subsaharienne pourrait devenir un marché porteur pour les PME mauriciennes. Mais il convient d’identifier les besoins de ce marché en termes de produits et services.

    Or, les PME ont du mal à pénétrer l’Afrique. Selon le vice-président de la MEXA, cette situation est due au fait qu’il y a «une frayeur et une méconnaissance du marché africain». À ce jour, ce sont surtout les conglomérats mauriciens qui s’aventurent en Afrique. Pourquoi ? «C’est parce que les gros conglomérats mauriciens ont fait l’histoire de Maurice et ils ont des ressources», observe Jean-Max Appanah, comptable spécialisé dans les PME. Au ministère des Affaires, des Entreprises et des Coopératives, on ne dispose pas de chiffres exacts sur les PME qui exportent sur le continent.

    Les autorités veulent rectifier le tir et donner les moyens aux PME d’exporter sur l’Afrique. L’une des priorités du plan directeur actuellement en préparation concerne l’accès des PME au marché africain. La fusion prochaine de la Small and Medium Enterprises Development Authority (SMEDA) d’Enterprise Mauritius et du National Women Entrepreneur Council contribuera à faciliter l’implantation des PME en Afrique. Ce projet devrait se concrétiser d’ici à l’année prochaine.

    Création d’une plateforme d’e-commerce

    Toujours pour faciliter l’exportation des PME, l’État, en collaboration avec la MEXA, mettra à leur disposition une plate-forme d’e-commerce. «Les PME mauriciennes n’ont pas de plateforme pour exposer leurs produits. Ce projet d’e-commerce leur permettra de toucher à la fois une clientèle locale et étrangère», souligne Sunil Bholah. Il estime, par ailleurs, que les ambassades mauriciennes installées dans les pays africains doivent également «jouer leur rôle et promouvoir les produits mauriciens

    De son côté, Jean-Max Appanah salue la volonté des autorités d’encourager les PME à se tourner vers l’exportation, mais il voudrait qu’une telle stratégie s’inscrive dans la durée. «L’État excelle quand il faut lancer des projets et introduire des lois et stratégies, mais quand il s’agit de leur pérennité, c’est une tout autre chose», soutient-il.

    Qui plus est, ajoute l’homme de loi, les stratégies de développement touchant les PME sont souvent abandonnées quand il y a un changement de gouvernement : «Les décideurs jouent à la chaise musicale avec ces projets. Cela démontre clairement qu’ils ne maîtrisent pas leurs dossiers. Et c’est l’entrepreneur qui en souffre».

    Un exemple récent est le Mauritius Cooperation Export (MCE), projet piloté par Dev Sunnasy, président de la Mauritius IT Industry Association et dont l’objectif était justement de faciliter l’exportation des PME en Afrique. Ce projet avait les faveurs de l’ancien ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo. Mais il semblerait qu’il ait été mis au frigo avec l’arrivée de Pravind Jugnauth au Trésor public.

    50 % des PME sont actives

    Le constat est flagrant : nombre de PME ne sont pas actives. Ainsi, sur les 26 500 sociétés enregistrées, seulement 50 % sont actives, soit environ 13 000 PME.

    Shareenah Kalla
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