• Favoriser l’entrepreneuriat pour baisser la note d’importation

  • Business Magazine No. – 1256 – du Mercredi 12 Octobre 2016 au Mardi 18 Octobre 2016
    Jean-Max Appanah
    Jean-Max Appanah, comptable spécialisé dans les PME

    Le pays est grandement dépendant de l’importation. Pourtant, nos entrepreneurs ont les compétences pour offrir au marché local des produits de qualité.

    Selon Statistics Mauritius, au deuxième trimestre, les importations du pays s’élevaient à Rs 40,18 milliards, soit une hausse de 7,3 % comparé au premier trimestre. D’icià la fin de l’année, nos importations devraient avoisiner les Rs 171 milliards contre des exportations de Rs 95 milliards, soit un déficit commercial de Rs 76 milliards.

    L’État se trouve dans une situation compliquée : le volume d’importations grimpe d’année en année et lui fait perdre des devises. Pour résoudre notre dépendance des produits importés, l’une des solutions serait de booster la production locale et, du coup, assainir notre balance des paiements.

    «Le secteur des PME est l’opportunité qui permettra à Maurice de réduire sa dépendance de l’importation. C’est ce que nous appelons de la substitution. En d’autres mots, les PME peuvent répondre aux besoins du consommateur local», avance Vino Sookloll, publicitaire et président de l’Association of Communication Agencies of Mauritius.

    Dans le domaine de l’agroalimentaire, où notre note d’importation est élevée (plus de Rs 32 milliards en 2015), les PME ont une belle carte à jouer. Par exemple, il faudrait donner les moyens aux entrepreneurs d’accroître la production de poulet, de la nourriture en conserve et du lait en poudre.

    Jean-Max Appanah, comptable spécialisé dans les PME, pousse le débat plus loin. «Il est vrai que les PME peuvent contribuer à réduire les importations. Mais il s’agit avant tout d’une volonté politique. La question qu’on devrait se poser : est-ce que l’État veut diminuer les importations ?

    Où est la volonté politique ?

    De son côté, le ministre des Affaires, de l’Entreprise et des Coopératives reconnaît que les produits importés, malgré le coût du fret, coûteraient moins cher que si l’on produisait à Maurice. Avant d’exposer un autre problème : «La production locale engendrait plus d’emplois. Mais le marché mauricien est restreint.» Et le ministre de faire ressortir que nous ne pouvons pas produire en masse en raison de la petitesse du marché.

    Pour Beas Cheekhooree, vice-président de la Mauritius Export Association (MEXA), l’équation idéale serait que les PME produisent à la fois pour les marchés local et régional. «Il est vrai que si les PME fournissent le marché local, elles pourront fournir la région. À Maurice, nous produisons des fertilisants, des engrais, de la nourriture pour le bétail. Et ce sont des produits agroalimentaires que les pays africains recherchent», précise-t-il.

    Si l’on veut encourager les entrepreneurs locaux à s’engager dans la production de produits agroalimentaires, il faudrait parallèlement qu’on incite les Mauriciens à consommer les produits du terroir. «Il faudrait avant tout inciter les Mauriciens à être des patriotes en consommant des produits mauriciens», soutient-il. Il s’agit aussi de changer la perception du consommateur sur la qualité des produits locaux. Cela peut se faire par le biais de campagnes promotionnelles, avec des investissements conséquents à la clé. Au sein de l’Association of Mauritian Manufacturers, l’on est résolument engagé dans cette voie. Il y a quatre ans, l’on a lancé le label Made in Moris. À mars dernier, le label regroupait 55 entreprises, soit 165 marques pour un total de 2 500 produits.

    Shareenah Kalla
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